COMPTES RENDUS 1er TRIMESTRE 2018/2019

 

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Vendredi 5 octobre 2018

  

TRANSITION ÉNERGETIQUE, NUCLÉAIRE ET RENOUVELABLE :

UNE AUTRE VISION QUE CELLE DES MEDIAS

 par Monsieur Michel Gaymembre de l’Association des écologistes pour le nucléaire(AEPN)

 

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                      Vendredi 5 octobre, pour la reprise des conférences au Rex, deux nouveautés attendaient les adhérents : un nouvel horaire 14h45, une présidente,  mais Jean-Louis Amiard avait, pour sa passation de pouvoir, choisi un sujet propice au débat : Transition énergétique, nucléaire, renouvelable : une autre vision que celle des médias. Michel Gay, ancien pilote de chasse, se présente comme un citoyen écolo comme tout le monde mais décidé à faire prendre conscience à ses concitoyens des manipulations de l’information sur le nucléaire et les énergies renouvelables.


                      Après avoir rappelé la distinction entre l’énergie - vie et vecteur de civilisation – et l’électricité vecteur qui transporte l’énergie, le membre de l’Association des écologistes pour le nucléaire dénonce d’abord les objectifs de la COP 21 et de la loi sur la transition énergétique. Produire plus avec moins d’énergies fossiles tout en satisfaisant les besoins croissants des consommateurs asiatiques voire africains…intenable avec les énergies renouvelables. Les pays connus pour utiliser massivement l’éolien compensent l’insuffisance et l’intermittence de cette ENR par le recours au gaz, au charbon ou au lignite aux réserves abondantes donc peu chers. C’est le cas de l’Allemagne. La Norvège fait « profiter » le Danemark de son hydroélectricité.


                      Nombreux graphiques et extraits de films à l’appui, le conférencier décortique alors le cas de la France qui a opté pour le nucléaire, énergie propre, dénuée d’émission de gaz à effet de serre : 75% de notre électricité sort de centrales dont la durée d’existence pourrait être portée à 60 ans. Selon lui, Fessenheim devrait avoir encore de beaux jours devant elle, les soudures de Flamanville ne plus poser problème en 2022, EPR et surgénérateurs être l’avenir. Ce ne sont pas les ENR qui peuvent éviter un blackout ni créer beaucoup d’emplois, panneaux photovoltaïques et éoliennes étant importés souvent de Chine. Les enjeux financiers sont énormes mais  ne rapportent guère au contribuable. Elles sont nuisibles, martèle-t-il, exception faite de l’hydroélectricité.


                      Des propos qui ont bousculé les idées reçues et suscité  questions et réactions des adhérents.  Certains n’ont pu s’exprimer faute de temps. Il va falloir que l’UTATEL s’adapte aux nouveaux horaires.

Texte de Marie-Dominique COULON 

 

 

Vendredi 12 octobre 2018

 

HISTOIRE DE LA CORRÈZE

par Monsieur Frédéric Le Hech,   agrégé d’Histoire-Géographie

 

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                     Pour sa 1ère venue à l’UTATEL, Frédéric LE HECH a fait redécouvrir à un nombreux public, une histoire de la Corrèze synthèse des plus récents travaux d’historiens et archéologues.


                   Parcourant le temps long –de la dernière glaciation (il y a 200 000 ans)  aux débuts de la période féodale, il nous a emmenés aux côtés des chasseurs-cueilleurs  voici 45 000 ou 50 000 ans, de leurs successeurs contraints par le réchauffement climatique et la raréfaction des espaces à la sédentarisation. Sur la Route des Métaux, entre Armorique et Méditerranée, le territoire des « guerriers de l’orme » - les Lemovices- aux nombreux sites aurifères est un espace économique majeur  jalonné  d’ « agglomérations » telles Uzerche, Monceaux, Tintignac.  En -51, la bataille d’Uxellodunum marque le début de la romanisation attestée par plus de 600 sites et le passage d’une route NE /SO structurant les échanges d’un monde toujours très rural. Un monde qui se christianise dès le Ve siècle en « sauts de puce » avant que ne s’y développent de grandes abbayes et qu’Obazine, Beaulieu ou les papes originaires de Rosiers d’Egletons témoignent  du dynamisme religieux du Bas-Limousin.


                    Dans une 2e partie passionnante, l’historien abandonne le Bas-Limousin féodal pour la Corrèze née de la Révolution et son histoire politique. Avec précision, verve et humour et le soutien d’une iconographie souvent originale, il détaille l’apprentissage de la démocratie dans ce département créé en 1790 qui donne à Tulle, ville la plus peuplée, la prééminence sur Brive qui se serait bien vue chef-lieu d’un département de la Vézère, plus aquitain…et  prendra sa revanche en 1860 grâce au chemin de fer.


                  Apprentissage difficile avec le retour en force de l’Eglise et du conservatisme  sous la Restauration, la succession des régimes politiques. Bien avant le grand basculement des années 1876-1878 où la République s’impose enfin dans les campagnes, la Corrèze est département-tremplin pour les hommes politiques et le clientélisme bien présent. Viendront l’omnipotence radicale, les guerres  puis la forte implantation communiste au  déclin orchestré par les radicaux et socialistes de la IVe République. Paradoxale Corrèze, « petite Guinée » opposée à la création de la Ve République mais lui donnant deux présidents certes parachutés mais emblématiques Corréziens.


                  Toute une galerie d’hommes politiques a repris vie grâce à Frédéric Le Hech  très apprécié par les adhérents de l’UTATEL qui le reverront sûrement.

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 19 octobre 2018 

 

LES SITES REMARQUABLES DE LA CORREZE

 par Monsieur William Armenaud,de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Nouvelle-Aquitaine

 

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Vendredi 19 octobre au Rex, le public était venu nombreux pour découvrir les sites remarquables de la Corrèze  mais William Armenaud, inspecteur des sites de la DREAL- Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement – a désarçonné une partie des adhérents venus pour contempler les sites emblématiques de notre département.


                   Paysagiste-concepteur, le conférencier a voulu montrer les raisons du classement  des paysages en sites remarquables. Il n’y a pas de paysage-type, pas d’échelle unique : un site remarquable peut se réduire  à un arbre (tilleul de Sully à Corrèze), un pont (Le Saillant) ou couvrir une zone urbaine et ses glacis, voire un vaste espace – tourbière du plateau de Millevaches ou vallée de la Dordogne.


                   D’abord, il faut PERCEVOIR, repérer les paysages « parties du territoire telles que perçues par les populations dont le caractère résulte de l’action des facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations », dignes d’intérêt pour les classer afin de les protéger.


                   Cet intérêt pour le paysage  a pris son essor avec la peinture de plein air. Ne pas  se contenter de contempler, apprendre  à  lire le paysage, le protéger tels sont, en 1861, les objectifs  de l’Edit de Napoléon III influencé par George Sand et Prosper Mérimée. La forêt de Fontainebleau est la 1e réserve naturelle. En 1906,  la loi sur la protection des sites et monuments naturels fait des cascades de Gimel  le 1e site remarquable corrézien. Merci à Gaston Vuillier mais aussi au Touring club de France car classement rime souvent avec développement  du tourisme et désenclavement.


                   1930 voit recenser  les monuments d’intérêt artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque : châteaux, chapelles, chaos, rivières sont soustraits à l’appétit des carriers ou  des industriels.


                   Aujourd’hui, la Corrèze compte 88 sites inscrits, 19 sites classés (la Dreal ne peut qu’y faire des recommandations). Gérer paysages et sites n’est pas mission facile, inscrire un lieu au classement prend environ 5 ans, labelliser un site encore davantage, conclut le conférencier.


Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 23 novembre 2018

 

DÉCOUVERTE DE LA CHINE

 par Madame Nelly Charpentier, retraitée de l’Education Nationale

 

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C’est à une découverte des grandes métropoles chinoises, fourmilières toujours embrumées, aux contrastes et inégalités saisissantes, que nous ont convié Nelly et Jean Charpentier, vendredi 23 novembre au Rex.


                    D’abord Pékin : au milieu de milliers de touristes chinois et étrangers,  parcours des immenses lieux de pouvoir de la capitale. Franchie l’énorme Porte de la Paix céleste, nous mettons nos pas dans ceux des empereurs, des épouses et concubines, de leurs eunuques qui ont peuplé la Cité Interdite. La démesure est omniprésente : c’est Yongle, 3e empereur Ming (XIVe s) qui est à l’origine du Palais impérial, de ses 9999 pièces, des dédales et jardins. Lieux de tourisme mais aussi pour le Palais d’Eté, de promenade voire de méditation …pour les pratiquants du taïchi ou le calligraphe concentré sur son art. Place ensuite à la flânerie dans les hutong, ces ruelles sur lesquelles s’ouvrent minuscules maisons traditionnelles, petits commerces, restaurants surprenants : « ils sont frais mes scorpions ! ». Ils se tortillent encore sur leurs brochettes. Petit détour à la recherche des athlètes français immortalisés sur les murs des installations olympiques avant l’envol pour la Grande Muraille toujours spectaculaire … et bondée : il est loin le temps des sentinelles guettant inlassablement un hypothétique ennemi.


                   Ces temps guerriers, nous les retrouvons avec la fascinante armée enterrée de Xi’an, gardienne de l’empereur Qin. Ses 48 concubines, les artistes et  les soldats (de chair ceux-ci) furent enterrés vivants pour garantir le secret et l’inviolabilité de la sépulture. Celle qui fut la première capitale de la Chine offre de nuit le spectacle de ses remparts et de sa skyline admirablement éclairés. Danses traditionnelles, somptueuses soieries, une parenthèse dans la recherche effrénée de la modernité. Immersion à Shanghaï , ville de tous les superlatifs : ses 21 millions d’habitants, son centre d’affaires 40 fois grand comme La Défense, ses commerces de luxe. De part et d’autre du fleuve, les édifices coloniaux du Bund et les tours futuristes de Pudong brillent dans la nuit.


                   Nelly et Jean auraient pu encore nous dire beaucoup plus de la nouvelle superpuissance mondiale mais rendez-vous est pris pour une autre Chine, celle des campagnes et des minorités.
 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 23 novembre 2018

 

LES JARDINS DE L’IMAGINAIRE Á TERRASSON

par Madame Françoise Parouty, Docteur ès-lettres, membre du bureau de l’UTATEL

 

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                    Vendredi 30 novembre au Rex, Françoise Parouty, membre du bureau de l’UTATEL, docteur ès lettres, fut notre « guide utopien » dans les Jardins de l’Imaginaire de Terrasson.


                    En 1993, l’architecte paysagiste américaine Kathryn Gustafson, l’architecte anglais Ian Ritchie et le plasticien américain Peter Forakis créèrent au sud de Terrasson, sur une colline en friche surmontée d’une paroi rocheuse, un lieu de représentation de la mémoire collective, une invitation au voyage spatiotemporel : un jardin qui sur 6ha et en 13 tableaux est à appréhender par l’esprit et les sens.


                    Une fontaine, un portail aux courbes enserrées dans un cadre rigide, symbole de la volonté de l’homme de dominer la nature, accueillent le visiteur pour une promenade évocatrice des jardins de l’humanité. Pénétrer dans ce croissant de lune dominé par un promontoire, rigoureusement clos et inaccessible sans guide, n’est-ce pas pénétrer dans l’île d’Utopie de Thomas More ?


                    La passerelle  chemine des croupes de buis segmentées de cascades du Bois Sacré, au tunnel végétal encadré de gabions ; des Jardins élémentaires au Jardin des 5 sens. Les terrasses de mousse, le lierre autant d’échos des civilisations méditerranéennes ou asiatiques. Un escalier ouvre des perspectives, une trouée sur les toits, la Vézère ou Saint-Sour ancre le jardin dans son site ;  les axes des vents et leurs cloches tissent les liens avec la ville.


                    Un problème technique a privé notre ouïe  du son des cascades et des 135 jets d’eau du Jardin d’Eau, jardin géométrique déjà évoqué dans la Genèse, consubstantiel des premières cités mésopotamiennes puis au cœur de la civilisation arabo-musulmane.


                    Parenthèse colorée dans le vert omniprésent, une Roseraie un peu chiche. Franchis le Topiaire puis les Pierres Gravées des vrais tracés des grands fleuves à l’échelle de la Terre, c’est l’arrivée au pied de la Serre dont le toit se faisait illusoire miroir d’eau.


                    Au terme de son passionnant exposé, Françoise Parouty souligne l’ambivalence des jardins, lieux de réclusion et d’évasion. Celui de l’Imaginaire n’est pas prison mais promesse : il a su reprendre et réinterpréter les codes des jardins avant lui, maintenir les sens en éveil, faire le lien entre passé et futur, rassembler par son universalité, réfléchir à des utopies qui auraient noms solidarité ou écologie… Belle découverte ou redécouverte pour le public venu nombreux.

Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 14 décembre 2018

 

CONCERT DE PIANO A DEUX ET QUATRE MAINS

       par Camille Leroy et Laurent Bourreau, professeurs au conservatoire de Brive

  

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                   Vendredi 14 décembre, l’auditorium Francis Poulenc accueillait le traditionnel concert de l’UTATEL, dernier rendez-vous des adhérents avant les fêtes de fin d’année. Des adhérents venus comme toujours très nombreux pour Rachmaninov et Chopin, magistralement interprétés par Laurent Bourreau et Camille Leroy, tous deux professeurs au Conservatoire. Les deux majestueux Steinway se sont unis dans la Romance de Rachmaninov avant de dialoguer avec passion dans le Concerto n° 1 de Chopin. Laurent Bourreau, soliste et Camille Leroy, à la réduction d’orchestre,  nous font partager l’exaltation  et les sentiments d’un Chopin de 20 ans qui joue pour la dernière fois dans son pays natal : il donne ce concert d’adieu en octobre 1830 à Varsovie, un mois avant l’insurrection polonaise contre le Tsar et la terrible répression qui s’ensuivit.

                    Emporté par le romantisme, le public a chaleureusement applaudi les pianistes, peut-être pas assez longuement  car beaucoup regrettaient l’absence de bis et auraient voulu prolonger cette heure musicale.

Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 11 janvier 2019

 

DÉBATS D’HOMMES, ENJEUX DE FEMMES

ALLONS- NOUS VERS LA FIN DU PATRIARCAT?

par Madame Danièle Carsenat, Agrégée d’Histoire et Géographie

 

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                     Pour sa 1e conférence de 2019, l’UTATEL avait invité Danièle Carsenat. L’agrégée d’histoire spécialiste des institutions a entraîné le très nombreux public dans une réflexion- parfois polémique- sur l’avenir du patriarcat.
                     Mais… au commencement était le matriarcat. Tant que leur fécondité demeure un mystère, les femmes sources de vie sont sacralisées, les Grandes Déesses surpuissantes objets d’un culte exclusif. La sédentarisation les fragilise, leur espérance de vie devient inférieure à celle des hommes qui commencent à affirmer leur domination ; des dieux masculins apparaissent  mais les  femmes sont leurs égales ou leur donnent vie : de Britomartis à Artemis, de la naissance de Bouddha à celle de Jésus, que de vierges fécondées dans des grottes ou des étables, mères des dieux. L’affirmation des monothéismes élimine progressivement  la femme. L’homme devient le maître du temps, de l’écrit, se veut le maître de la fécondité. Vierge ou épouse et mère, la femme est sous surveillance : lapidons les adultères, brûlons les « sorcières » qui se mêlent de théologie !
                     Il faut attendre la fin du XVIIe siècle et surtout le XVIIIe siècle pour dissocier amour et désir d’enfant, critiquer les mariages arrangés mais le patriarcat s’acharne de Révolution Française en Guerre de 14-18. Ce sont la recherche scientifique, la découverte des mécanismes de la fécondation, la génétique qui vont renverser la tendance. Avec la pilule, l’IVG mais aussi les mutations économiques, la femme peut maîtriser sa fécondité. Pour l’historienne, cela signe la fin du cycle patriarcal mais n’allons pas trop vite : déstabilisés, les hommes réagissent …en arborant leur pilosité ? , les femmes accèdent aux postes de responsabilité mais pour une Christine Lagarde à la tête du FMI, combien d’invisibles ?  la baisse des indices de fécondité témoigne  que « le futur a changé de direction » mais pas partout.
                     La richesse de l’information, le ton et l’iconographie mêlant souvent humour et provocation n’ont pas laissé indifférents les adhérents  qui, au terme de leurs nombreuses questions, ont pu poursuivre leurs discussions en dégustant la traditionnelle galette.

 Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 25 janvier 2019

 

L’HOMME FACE A L’UNIVERS

par Madame Sylvie Vauclair, Astrophysicienne

 

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                         Le public s’était déplacé en nombre pour écouter  l’astrophysicienne Sylvie Vauclair se questionner, nous questionner sur la découverte de l’Univers par l’Homme. Comment appréhender, se représenter l’immensité infinie du Temps et de l’Espace ? L’Homme n’est qu’ « une virgule dans l’espace-temps » mais  depuis le début du XXe siècle, d’extraordinaires découvertes scientifiques lui ont permis de mieux comprendre l’Univers et la place qu’il y occupe.


                       Les spectateurs fascinés des exploits d’Ader ou des frères Wright n’imaginaient pas que 70 ans plus tard, leurs descendants marcheraient sur la Lune, répareraient dans l’espace à 450km de la Terre, un télescope surpuissant. Ils ne concevaient pas que les sondes et les satellites, les télescopes géants du désert d’Atacama, la coopération internationale leur feraient contempler le sol de Mars,  voir depuis les anneaux de Saturne une minuscule planète bleue - leur Terre-, assister à la naissance d’une étoile. Ils ne supposaient pas que malgré leurs systèmes politiques différents, ils pourraient communiquer instantanément d’un point à l’autre de la Terre.


                      L’Homme a toujours été fait pour regarder le ciel mais aujourd’hui, il ne se contente pas de contempler les étoiles. Il sait qu’au-delà de l’atmosphère terrestre, existent d’innombrables systèmes planétaires, que l’Univers est en expansion, que des galaxies vont rentrer en collision mais plus la connaissance progresse, plus les questionnements se multiplient.


                      Au terme d’un riche dialogue, Sylvie Vauclair avoue la nécessité d’être humble car nous n’avons ni les mots ni les représentations pour dire ce qu’est le temps, le début ou la fin de l’Univers  et  95 % des composants de la matière nous sont inconnus.


                     Malgré les formidables progrès de la recherche,  oserai-je écrire que l’Homme peut encore faire siennes ces Pensées de Blaise Pascal :
                    « Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti ».1670

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 8 février 2019

 

LES MURS-FRONTIERES

 par Monsieur Laurent Hassid, Docteur en géographie, mention géopolitique Université Paris XIII

 

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                              Pour sa première venue à l’UTATEL, Laurent Hassid docteur en géographie mention géopolitique, spécialiste des frontières, a entraîné les adhérents de l’UTATEL à la découverte des murs-frontières. Un sujet d’actualité dans un monde où les migrations des pays pauvres à la démographie explosive vers les pays riches attisent les peurs et multiplient les barrières dissipant l’illusion d’un monde- village-global-, née de la chute du mur de Berlin et de la disparition des frontières au sein de l’espace Schengen. Il nous a immergés, photographies saisissantes à l’appui, dans cinq espaces frontaliers où les murs témoignent de conflits résolus ou non : Irlande du Nord/Irlande du Sud, ex RFA/RDA, Israël/ territoires palestiniens, Chypre, Corée du Nord/Corée du Sud.


                              Une frontière c’est souvent discret, simple borne voire ruisseau, un mur cela frappe l’esprit, matérialise la division, permet de tracer une frontière officieuse entre des territoires dont les limites ne sont pas reconnues : c’est le cas du mur voulu par Sharon en 2002 entre Israël et la Palestine.

 
                              Avec la fin des conflits, certaines zones de front à priori répulsives deviennent des zones de développement économique, se « dysneylandisent  » attirant des touristes toujours plus nombreux. Ainsi les « murals » de Belfast ou Check Point Charlie à Berlin. Dans un climat plus apaisé, la Corée du Nord devient objet de contemplation des touristes sud-coréens ou chinois, depuis Pan Mun Jom ou le fleuve Yalu.


                              Si les murs ne sont pas toujours infranchissables- les no man’s lands minés, soumis à surveillance électronique sont plus efficaces -, ils pèsent sur les paysages urbains : à Chypre, l’infrastructure du mur demeure à Nicosie, dernière capitale divisée tandis que la partition de l’île à l’origine de la séparation forcée des populations grecque et turque a fait de Famagouste, une ville-fantôme. Ils marquent l’opposition politique plus qu’ethnique : mur vertical de l’Apartheid entre Palestiniens et Israéliens, « mur » horizontal de grillage séparant du sol palestinien et de ses boutiques closes, les logements à l’étage des colons juifs d’Hebron ( 200 000 habitants, 5000 Juifs protégés par autant de soldats).


                              Un mur-frontière est un passage à géométrie variable, conclut Laurent Hassid qui nous a fait partager ses expériences et son regard de géographe. Un mur n’empêchera jamais les migrations ajoute-t-il mais faute de régler les problèmes de développement en amont, les pays persisteront à recourir à cet anachronisme dans un monde où dominent les circulations immatérielles (capitaux, informations).

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 Vendredi 15 mars 2019

 

 DES TROUBADOURS AU 21ème SIÈCLE :

 A propos du roman de Jean-Guy Soumy, Un baiser, rien de plus (Robert Laffont, 2018) par Gérard Gonfroy, Universitaire et Jean-Guy Soumy, Romancier 

 

 

                 

 

 

                          Séance inédite au Rex vendredi 15 mars : la traditionnelle conférence avait cédé la place à un dialogue entre l’universitaire Gérard Gonfroy, spécialiste des langues occitanes et le romancier Jean-Guy Soumy. Son dernier roman - Un baiser, rien de plus- cherche à transposer l’amour courtois au XXIe siècle, cet amour où désir vaut plus que possession. La DAME a ici les traits de Mathilde, 48 ans, ancienne universitaire spécialiste des troubadours. L’AMANT, ceux de Raphaël, 22 ans, étudiant en droit, obligé de jouer les extras à la COUR, pardon dans l’hôtel particulier , du GILOS(jaloux) … du mari de Mathilde, puissant avocat. Coup de foudre réciproque mais Mathilde est fidèle et impose à Raphaël les règles de l’amour courtois.

 
                          Gérard Gonfroy nous replonge dans la fin amor’s qui surgit au tout début du XIIe siècle à la cour de Guillaume de Poitiers et signe une véritable renaissance dans un Occident qui sort d’une hibernation de plusieurs siècles : l’heure est à l’expansion économique, la forêt recule au fur et à mesure des défrichements, les faubourgs se développent, la monnaie remplace le troc. Et les troubadours inventent textes et mélodies profanes, en langue vulgaire (du pays) exaltant l’amour épuré mais n’ignorant en rien les réalités du corps, pour la Dame suzeraine dont ils deviennent les vassaux. L’amour courtois n’est ni platonique, ni angélique : partager nus la même couche sans faire l’amour, voilà l’acmé du désir insiste l’universitaire. Mathilde et Raphaël, eux, échouent dans leur démarche, constate le romancier.


                          Les 2600 pièces lyriques de ces troubadours souvent limousins (Bernard de Ventadour, Gaulcem Faidit) sont des météores, souligne alors Gérard Gonfroy. Au XIIIe siècle, la fin amor’s se codifie tout en se diffusant jusqu’en Hongrie tandis que dans un Occident hanté par le salut de l’âme, l’Eglise en inventant le Purgatoire, fait de Marie la figure majeure de l’intercession : aux chants à la Dame se substituent les chants à la Vierge.


                          Avant de poursuivre les échanges avec un public attentif et concentré, les deux conférenciers s’accordent à reconnaître les difficultés de la transposition de la fin amor’s : pour Jean-Guy Soumy, la réalité courtoise est très complexe ; pour Gérard Gonfroy, la lyrique courtoise est un cri d’amour sans temporalité, sans logique narrative … délicat à mettre en roman.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 Vendredi 15 mars 2019

 

DISNEY … OU LA QUÊTE DE LA CITE IDEALE

 par Monsieur Claude Duval, Maître de Conférences honoraire Université du Maine

 

 

 

                            Pour sa 1ère venue à Brive, Claude Duval spécialiste de littérature et civilisation américaines mais aussi de commerce international à l’Université du Maine au Mans, avait choisi de nous présenter un Walt Disney en quête de la cité idéale. En 1955, déjà âgé de 54 ans, il constate l’échec du modèle urbain américain : trouver un contre –modèle à la prolifération de Los Angeles, de ses banlieues cauchemardesques en proie à la violence et aux émeutes, créer un autre monde, ex-nihilo, des îles protégées de l’extérieur où à la perfection de l’urbanisme répondront la perfection sociale et la perfection technologique, telle est l'ambition de Disneyland, d’Epcot, de Celebration ou de Val d’Europe.

                            Tous ses parcs, loin des Luna Parks sales et vulgaires, sont des modèles d’environnement contrôlé, des lieux de bonheur isolés de l’espace extérieur où l’on pénètre comme dans un sanctuaire. Circularité, exterritorialité, organisation radiale autour d’une place centrale dominée par un monument emblématique (château de Blanche-Neige, Cendrillon ou la Belle au Bois dormant) en font des hétérotopies, lieux physiques de l’utopie. Si certains ne sont qu’endroits magiques où séjourner quelques heures ou quelques jours, d’autres sont de véritables villes, souvenirs de la petite ville américaine idéale (Celebration) où l’on aurait voulu grandir ou incarnations d’architectures mythifiées, fragmentées, pastiches colonial, italien ou haussmannien (Val d’Europe). Leurs habitants doivent travailler, adhérer aux valeurs disneyennes, voire abdiquer leurs droits civiques ou de propriété, respecter de multiples règlements. Dans ces Etats dans l’Etat, sommes-nous dans Le Meilleur des Mondes ou dans 1984 ? dans l’utopie ou la dystopie? s’interroge le conférencier.


                            Alors Walt Disney, Big Brother « bienveillant » ou urbaniste attentif aux problèmes des transports - Epcot devait être pour lui « une maquette vivante de l’avenir » où la voiture ne serait plus privilégiée- ? Assurément l’héritier des utopistes qui de Platon à Thomas More ont voulu changer les paysages pour changer les hommes et créer un nouvel ordre social.
                            Au terme de son dense et passionnant exposé, Claude Duval constate, dans un contexte d’abdication des pouvoirs publics, la disneyfication de la société : Business Happiness à égalité…


Texte de Marie-Dominique COULON