COMPTES RENDUS 3ème Trim. 2016/2017

 

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Vendredi 31 mars 2017

 

LA MORUE : USAGE ET GRANDE PÊCHE, CINQ SIÈCLES D’HISTOIRE

par Madame Anne REYSS, Ancien professeur de biologie en Classes Préparatoires (Agro-Véto) à Paris.

 

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                         Au Rex,  Anne Reyss qui avait  fait découvrir aux adhérents de l’UTATEL, l’histoire des légumes, des épices et de la soie, a célébré ….la morue et retracé 5 siècles d’histoire de sa grande pêche.  Cabillaud quand il est frais ou congelé, morue quand il est salé et séché, ce « brochet de mer »  très riche en protéines,  abonde sur les littoraux de la mer du Nord, de l’Islande, du Groenland, de Terre-Neuve et du Labrador : dès le Moyen-Age  des pêcheurs du nord de l’Europe et du Pays basque  traversent l’Atlantique.

                         Au XVIe siècle, c’est la ruée pour satisfaire les besoins des catholiques soumis à 150 jours de jeûne annuel. Morue « verte » juste salée dans les cales des bateaux venus de Saint-Malo, Granville, Fécamp, elle s’invite à la table de Louis XV ; morue salée et séchée, facile à stocker, elle nourrit le peuple,  fournit la pitance des esclaves du Brésil et des Caraïbes. Marseille puis  Bordeaux redistribuent les morues  dans les provinces françaises, en Europe du Sud et dans les colonies. Terre-Neuve est un enjeu majeur dans  les relations franco-anglaises. Fin XIXe siècle, c’est l’apogée.

                        Anne Reyss fait revivre ces milliers d’hommes embarqués sur des goélettes, chaloupes, doris,  pour des campagnes de 6 mois dans les eaux glaciales et les brouillards du nord-est de l’Atlantique,  le travail harassant du salage, les conditions  inhumaines, l’alcool, la mort qui rôde sans cesse- une cape de deuil est offerte aux jeunes Bretonnes, le jour de leur mariage-. Et pourtant, dans les années 50, un des derniers terre-neuvas qualifie son « Grand métier » victime de la surexploitation et de l’apparition des bateaux-usines, de « métier de seigneur, d’aristocrate de la mer ».

                         Aujourd’hui, conclut-elle,  la surpêche a fait du cabillaud un produit de luxe.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 14 avril 2017

 

LES EXOPLANETES : A LA RECHERCHE D’AUTRES MONDES

par Monsieur Jean-Pierre CAUSSIL Professeur de physique en retraite, animateur de l’atelier des Etoiles au planétarium de Reims.

 

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                            Vendredi 14 avril, Jean-Pierre Caussil, animateur du planétarium de Reims, passionné de physique, a entraîné les adhérents de l’UTATEL sur les traces des EXOPLANETES, ces planètes situées hors du système solaire qui régulièrement s’invitent à la Une des journaux.


                            La recherche d’autres mondes a, depuis le XVIe siècle, aiguillonné les scientifiques : Giordano Bruno est brûlé comme hérétique pour avoir affirmé que la Terre n’était pas au centre de l’Univers, Fontenelle, au XVIIIe s, siècle des Lumières, meurt, lui, centenaire après avoir proclamé « la pluralité des mondes ». Camille Flammarion  en 1888 recherche les limites de l’univers, Hubble découvre en 1921 que celui-ci est en constante expansion. Au XXe siècle et au début du XXIe, les découvertes se multiplient. Les progrès de l’informatique, de la physique, la mise au point des télescopes Kepler puis Hubble permettent l’observation indirecte puis directe des galaxies.


                             En 1995, Michel Mayor et Didier Queloz découvrent  la première exoplanète en orbite autour d’une étoile similaire au Soleil. Depuis, les astrophysiciens en ont détecté 4496. 3472 ont vu leur existence confirmée dont 51 en 2017- rien qu’en février, 7 dont 3 habitables-  soit une tous les 2,17 jours, souligne le conférencier.
Schémas, animations, captures d’écran, images d’artistes, clichés pris par les télescopes géants du Chili permettent de  comprendre ces planètes gazeuses ou telluriques.Y trouve-t-on d’autres mondes ? 

                             La vie implique une planète de type terrestre, de l’eau, un climat stable, située dans la zone habitable d'une étoile avec des conditions à peu près comparables à celles de la Terre, insiste JP Caussil.  Et les extra-terrestres? Sachant que la galaxie la plus proche est à 2 millions d’années-lumière et que les transports les plus rapides plafonnent à 30 000 km/s, la rencontre du 3e type n’est pas près d’avoir lieu.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 5 mai 2017

 

LES ÉCRIVAINS, LES ARTISTES, ET LA GUERRE DE 14-18

 par Madame Anne-Marie PRÉVÔT Agrégée de Lettres et Docteur ès Lettres. 

 

 
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                              L’UTATEL, vendredi 5 mai au Rex, avait invité Anne-Marie Prévôt, agrégée de lettres et docteur ès lettres, à commémorer la Grande Guerre à travers le regard des écrivains et des artistes.

 
                              Les écrivains et les artistes  de la Grande Guerre, combattants ou non, sont confrontés à un conflit nouveau par sa durée, son ampleur, ses armes de destruction massive, sa brutalisation. Des Croix de Bois de Dorgelès à A l’Ouest, rien de nouveau de Remarque, les  écrivains combattants sont nombreux à témoigner de l’horreur, à dire l’ineffable. La vision naturaliste de Barbusse dans le Feu, le récit clinique de Ceux de 14, structuré par les lieux et les dates, de Maurice Genevoix sont d’une saisissante vérité documentaire. Ils  font partager la langue du poilu,  son quotidien, dans un silence qui sent la mort, d’attente du courrier, de la nourriture; ils transmettent les   expériences sensorielles, décrivent les paysages de « ces lieux d’épouvante », sans pathos. Ils livrent parfois une vision insolite d’une guerre qui brasse des hommes venus du monde entier, tels les Hindous décrits par  Junger, dans Orages d’acier, lequel exalte aussi le courage tout en assumant la déshumanisation des combattants qui tuent « sans aucune sensibilité ni remords ».


                               La dépossession de l’homme, la perte des valeurs sont au cœur de l’écriture et de l’art de la Grande Guerre et des années 20 : masse informe pour Dunoyer de Segonzac, robots pour Gromaire  et Léger, pantins et mannequins désarticulés pour Otto Dix, ceux qui sont passés par le feu sont devenus une autre espèce d’homme, qu’il faut représenter différemment.


                               Les Futuristes italiens, les Cubistes reflètent « la fragmentation des corps et des âmes », insiste la conférencière. La guerre a engendré de nouveaux modes  d’expression qui doivent « exorciser les maux par les mots ».

 

 Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 19 mai 2017

 

LE MONDE À PARIS

Les expositions universelles parisiennes de 1856 à 1937

par Madame Micheline MARCHADIER Professeur agrégée d’Histoire en retraite.


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                                   Pour Micheline Marchadier, agrégée d’histoire, conviée par l’UTATEL au Rex  vendredi 19 mai, Paris ne serait pas devenue une ville-monde mythique sans  les Expositions universelles, internationales, coloniales qui se sont succédé de 1855 à 1937. Au siècle de la « Révolution industrielle », du culte du progrès, donner à voir les prouesses technologiques, industrielles et scientifiques, faire connaître les peuples lointains « exotiques » que l’ « homme blanc » veut « civiliser », faire partager les nouveautés artistiques, sont les défis de ces Expositions.

                                   Londres  s’est lancée la première en 1851 mais c’est Napoléon III qui, en 1855, pour stabiliser et légitimer son régime, accueille 5 millions de visiteurs dont l’impératrice Victoria, dans un « village global » de 2000 exposants. L’Expo de 1867 insérée dans le Paris nouveau d’Haussmann  marque l’apogée du Second Empire : 52 000 exposants venus de 41 Etats attirent plus de 10 millions de visiteurs, têtes couronnées mais aussi, grâce aux gratuités, ouvriers à la base de l’essor industriel.

                                   Sur l’écran, le Champ de Mars, l’esplanade des Invalides, la colline de Chaillot  se couvrent des monuments les plus emblématiques de la capitale. 1878 et  la jeune  IIIe République née  de la défaite de 1870  qui espère conjurer la crise économique et l’essor des nationalismes , 1889 et la Tour Eiffel, 1900 et ses 50 millions de visiteurs transportés pour la première fois en métro, autant de jalons pour la République triomphante. L’expo de 1937 entretient encore l’illusion d’un monde de progrès malgré les silhouettes menaçantes des pavillons nazi et soviétique qui se font face. 

                                  Aujourd’hui, souligne Micheline Marchadier, alors que l’Etat milite pour l’organisation des J.O, on devrait davantage porter le projet d’expo Paris 2025 qui serait un levier d’emplois et améliorerait enfin les relations Paris-banlieue.

 

Texte de Marie-Dominique COULON