COMPTES RENDUS 1er TRIMESTRE 2017/2018

 

*********

Vendredi 6 octobre 2017

 

 TRICENTENAIRE DE MARIA SYBILLA MERIAN

par Madame Claire VILLEMANT, Maître de conférences et responsable de la collection d’hyménoptères au Museum National d’Histoire Naturelle

 

claire_villemant.jpg - 80.14 Ko

 

                             Pour la reprise de sa saison universitaire au REX, vendredi 6 octobre, l’UTATEL avait mis à l’honneur  les arts, les sciences et …les femmes : Claire Villemant  maître de conférence au Muséum d’Histoire Naturelle,  a  célébré sa lointaine devancière Maria Sybilla Merian.  Encore méconnue en France mais reconnue en Allemagne où elle naquit en 1647, en Hollande où elle  entreprit ses travaux d’entomologiste et mourut dans la misère en 1717, en Russie, Maria Sybilla est un sacré tempérament : issue d’un milieu artistique, épouse d’un peintre d’architecture, elle  se passionne pour les insectes, leur habitat, leurs métamorphoses qu’elle brode et peint

                         En 1679, elle publie en latin La merveilleuse transformation de la chenille et son étonnante nourriture florale. Femme libre, elle quitte son mari et rejoint une secte protestante près d’Amsterdam où elle rencontre le gouverneur du Surinam (Guyane hollandaise). A 52 ans, lasse du confinement des cabinets de curiosités, elle s’embarque  avec  sa plus jeune fille pour découvrir les insectes exotiques  dans leur milieu. Dans la jungle guyanaise, elle se préoccupe du sort des Indiens qui l’initient à l’usage des plantes mais la malaria la contraint à regagner la Hollande en 1701.


                         Ses planches naturalistes, chefs d’œuvre  délicats aux tons subtils ont fait d’elle une artiste célébrée  mais elles ont longtemps occulté ses apports scientifiques : or, elle a démontré le cycle de la vie, mis en évidence les stades du développement, pressenti « la chaîne alimentaire ». Linné s’est inspiré de ses dessins  pour élaborer sa classification des espèces. « Mais une femme entomologiste observatrice des  « diaboliques » arthropodes dérange plus qu’une femme artiste et   la  mère de l’écologie a représenté plus que commenté d’où sa reconnaissance tardive par la communauté scientifique » conclut la conférencière qui a conquis les adhérents de l’UTATEL.

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 13 octobre 2017

 

POUR UNE AUTRE EUROPE

par Monsieur Jean-Louis CLERGERIE Professeur titulaire de la chaire Jean Monnet, Université de Limoges

 

j_l_clergerie.jpg - 90.02 Ko

 

                             Pour une autre Europe…. alors que rester ou sortir de l’Europe et de l’euro était au cœur du débat des présidentielles, que son existence semble menacée par le Brexit ou l’indépendantisme catalan, le sujet proposé par l’UTATEL a attiré au REX, le vendredi 13 octobre, un nombreux public.
Jean-Louis Clergerie, titulaire de la chaire Jean Monnet  de l’Université de Limoges, se définit comme un « eurocritique ». Spécialiste du droit européen,  ayant participé à la rédaction de certains articles des traités de l’U.E,  il est agacé par les critiques de ceux qui la détestent ou au contraire «  se couchent devant elle » mais il est aussi inquiet : en 2004, 69% des Français jugeaient la construction européenne positive, en 2016, seulement 38%.


                            Pour lui, l’Europe est indispensable : énumérant les avantages de la libre-circulation, de la libre-installation, de la PAC, il constate que la 3ème puissance commerciale mondiale doit être forte pour résister aux tentatives hégémoniques de Trump, Poutine ou Erdogan.
Mais cette Europe a échoué à associer des peuples restés spectateurs : les électeurs ne connaissent rien à la réalité européenne. Aujourd’hui, elle manque d’une vision politique et « sans acte volontariste, elle ne sera qu’une zone de libre-échange économique » souligne-t-il.


                             Jean-Louis Clergerie énonce, ensuite, les bases de la réforme qui pourrait sauver l’Europe :
- plus de démocratie en consultant régulièrement les peuples et  en tenant compte de leurs opinions
- plus de transparence en  simplifiant,  grâce à une refonte des traités en un traité unique et clair
- moins de libéralisme et plus de social
- plus de souplesse (moins de directives) et plus d’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis et de l’OTAN.


                             Les  questions « pointues » du public lui ont permis de préciser, avec vigueur, son opinion sur l’euro ou le fédéralisme.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 20 octobre 2017

 

 

DE LA FLEUR AU FRUIT : LE MIRACLE D’UNE METAMORPHOSE

par Monsieur Jean-Yves MAISONNEUVE, Arboriculteur – conférencier, fondateur des Jardins de Pomone

 

jean_yves_maisonneuve2.jpg - 82.29 Ko

 

                                  Jean-Yves Maisonneuve  a  fait partager au public de l’UTATEL venu au REX, le miracle d’une métamorphose : dans une profusion de formes et de couleurs, la fleur s’est faite fruit. Près de Nantes, il était maraîcher producteur d’un fruit jadis rampant, la fraise.  Aujourd’hui, arboriculteur, il se consacre aux fruits aériens dans son  jardin de Pomone en Charente-Maritime.

                                 Un arboriculteur atypique qui convoque, pour nous parler fleurs et fruits, Goethe, Maupassant, Nietzsche. Le bourgeon recroquevillé contient en lui toutes les promesses du fruit mais le  végétal, pour s’épanouir en été,  doit être réveillé de la dormance où il est rentré en automne par un choc thermique ou lumineux. Plus le choc est fort, plus l’épanouissement sera intense. Il peut en être ainsi pour l’homme, ose-t-il. Après cette surprenante digression, il nous fait découvrir les fleurs, sièges de la sexualité végétale : certaines sont hermaphrodites, d’autres offrent des sexes séparés ou sont mâles le matin, femelles le soir !


                                  Pour être fécondées, le vent est un auxiliaire précieux mais elles déploient toute leur séduction pour attirer les pollinisateurs, hyménoptères et papillons ou plus surprenant, hérissons, singes ou geckos.
Les fruits, ces fleurs « qui ont connu l’amour », se partagent en baies dont les graines adhèrent à la pulpe ou en drupes aux noyaux ligneux. Dans la  famille  « baies », demandez  melons, agrumes, aubergines ou tomates ! Dans la famille « drupes », prunes, noisettes…blé ou maïs. Mais il y a des exceptions : l’ananas est un bouquet de fleurs, la cacahuète issue d’une tige aérienne, fructifie sous terre.


                                  Aujourd’hui, l’homme contrôle la métamorphose et crée des bananes et tomates, vierges de graines.  Le consommateur est satisfait mais «  que penser d’une agriculture bio productrice de raisins sans pépins ? », nous interroge le conférencier.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 17 novembre 2017

 

CINÉ-CLUB


 UN AIR DE FAMILLE un film de Cédric Klapisch, sorti en 1996, avec Claire MAURIER

 

claire_maurier_1.jpg - 103.41 Ko 

 

                                           Belle rencontre au REX, vendredi 17 novembre, à l’initiative de  l’UTATEL. A l’issue de la projection du film «  Un air de famille » du tandem Jaoui-Bacri ,  Claire Maurier, interprète de la mère de la fratrie dissonante,  est allée au-devant du public venu nombreux. Souvenirs du tournage du film mais aussi des 450 représentations de la pièce éponyme.

                                           Retours sur sa longue carrière (1952 à 2013)  illustrée par des photos rassemblées par le président Jean-Louis AMIARD, à qui l’on doit la venue de l’inoubliable mère d’Antoine Doinel dans les «400 Coups ».  « Fernandel était un partenaire abominable » confie l’actrice évoquant  « La cuisine au beurre »  il fallut interrompre le tournage pendant trois semaines pour rétablir l’harmonie. «  Jouer avec le « Mauvais fils » Patrick Dewaere,  ou   Gérard Depardieu à la « Tête en friche »  fut un plaisir même si les blagues qui déstressent Gégé ne sont pas toujours drôles », avoue-t-elle.

                                           Embrasser la « Fiancée du Pirate » Bernadette Lafont, en 1969 c’était osé, assume-t-elle avec humour.  L’UTATEL reverra cette grande dame du cinéma, du théâtre et de la télévision car après de fréquents séjours à Collonges, elle s’est installée définitivement  dans le Lot avec son mari … et peut-être rejoindront-ils les rangs de notre association?


Texte de Marie-Dominique COULON