COMPTES RENDUS 3ème Trim. 2014/2015

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Vendredi 3 avril 2015

Changement climatique, mensonges et vérités


par Monsieur Alain Bidart
Docteur en Mécanique des Fluides et Thermique
Guide naturaliste, conférencier, spécialiste des régions polaires.

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         Vendredi 3 avril au Rex, c’est en vulgarisateur scientifique et non en climatologue qu’Alain Bidart, bien connu du public de l’UTATEL, a fait le point sur un sujet brûlant, le changement climatique. Cartes, graphiques, chronologies à l’appui, le spécialiste des régions polaires a démontré que le réchauffement climatique est incontestable : la multiplication des stations météo sur terre et sur mer, les apports de la paléoclimatologie fondés  sur les carottages des glaces antarctiques ou des sédiments marins permettent de mieux connaître les  mécanismes  et les variations du climat.


         Le climat planétaire dépend de la sphéricité de la Terre,  de son inclinaison, des variations de sa trajectoire autour du Soleil, de la mise en mouvement des fluides que sont l’atmosphère et les océans. Le climat varie : les périodes froides  "glaciaires" sont  marquées par de faibles taux de concentration de CO2 dans l'atmosphère tandis que les périodes plus chaudes "interglaciaires" correspondent à des taux plus élevés : le réchauffement des océans libère du CO2 dans l’atmosphère, la fonte des calottes glaciaires découvre tourbières et toundras qui rejettent du méthane. Cette production naturelle de gaz à effet de serre augmente la température atmosphérique.


      Mais a insisté Alain Bidart, « le réchauffement actuel n’est en aucun cas dû à un cycle naturel mais à l’action humaine » : la croissance démographique augmente  la combustion des énergies fossiles, la production de ciment, l’intensification de l’agriculture et de l’élevage avec son corollaire de flatulences bovines.  Renvoyant dos à dos climato-sceptiques et dénonciateurs d’un  supposé réchauffement accéléré de l’Antarctique qui bafouent la science pour étayer leurs idées, Alain Bidart a déploré l’inertie des politiques avant de répondre aux nombreuses questions du public.     

 Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 10 avril 2015

Séraphine, de la peinture à la folie

 

par Monsieur Alain Vircondelet
Docteur en Histoire de l’Art
Ecrivain et conférencier

 

 

        Vendredi 10 avril, pour sa première conférence devant le public de l’UTATEL , Alain Vircondelet , auteur de nombreuses biographies,  avait choisi de retracer le destin tragique entre peinture et folie de Séraphine Maillard qui se rebaptisa Séraphine de Senlis.

        C’est Marguerite Duras qui  lui révéla cette artiste née en 1864, admirée par le mécène Wilhem Uhde et André Breton mais tombée dans l’oubli.

        Cette femme de ménage longtemps analphabète, autodidacte,  est profondément marquée par la nature et le mysticisme. Peindre des fleurs toujours, la nuit, à genoux, est pour Séraphine une injonction divine. Il faut peindre- comme on prie pour sauver les âmes, pour veiller sur ses semblables- des toiles de plus en plus grandes telles les  verrières  de la cathédrale de Senlis où elle se fait enfermer pour ripoliner de couleurs plus vives la statue de Marie.

        Enfermement, ce mot pourrait résumer l’existence douloureuse et laborieuse ponctuée d’instants de grâce de Séraphine : dans la ferme de l’Oise où, orpheline, elle est placée jusqu’à l’âge de 18 ans ; dans le couvent de Clermont où elle repasse les tenues des religieuses, compose les bouquets pour la Vierge, s’imprègne des cantiques ; dans sa chambre de Senlis  où elle peint  entre 1927 et 1929 ses chefs d’œuvre :  pommes au relief vigoureux, natures mortes aux rouges dignes de Rubens,  marguerites  bleues,  bouquets où les raisins se font plumes de faisan,  se parent de gemmes mais où les vers témoignent de «  quelque chose de grave et d’inquiétant », arbre de paradis dont les feuilles se muent en œil ouvert ; dans la folie qui la submerge le 31 janvier 1932 et l’encellule à l’asile psychiatrique de Clermont de l’Oise où elle meurt de faim  en décembre 1942.

        Alain Vircondelet lui a passionnément  redonné vie.

                                                                                                                                                              

  Texte de Marie-Dominique COULON

 


Vendredi 24 avril 2015

 Les épices, une fabuleuse histoire

 
par Madame Anne Reyss
Ancien professeur de biologie en Classes Préparatoires Agro-Véto à Paris


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        Anne Reyss, biologiste et botaniste qui avait fait découvrir l’histoire des légumes au public de l’UTATEL, lui a révélé celle, fabuleuse, des épices.

       Dès l’Antiquité, ces substances aromatiques rares originaires d’Orient  excitent les papilles et les ardeurs amoureuses et guerrières des hommes. Poivre, muscade, girofle, cannelle,  poussant à l’état sauvage en Inde et aux Moluques  sont si réputés pour leurs vertus gastronomiques, thérapeutiques, aphrodisiaques  que les marchands n’hésitent pas à braver océans, déserts, dangers pour rapporter au terme de deux voire trois ans de voyage, ces denrées plus  précieuses  que l’or. Petra, Gaza, Alexandrie, la Grèce, Rome sont au cœur de ce commerce fructueux dominé par les marchands arabes intermédiaires obligés entre Orient et Occident.


        Au Moyen-Age, Gênes puis Venise monopolisent ce  commerce en expansion. Les épices sont de toutes les recettes; ces « graines de paradis » issues de contrées mystérieuses popularisées par les récits de Marco Polo font la fortune des négociants et plus modestement celle des épiciers-apothicaires. Un bœuf et un demi-mouton s’échangent contre une poignée de poivre.


       La prise de Constantinople par les Turcs en 1453 pousse à trouver de nouveaux circuits d’approvisionnement: la quête frénétique des épices est un des moteurs des Grandes Découvertes. Le Portugal puis l’Espagne s’arrogent le monopole de ce commerce mondial  qui engendre  massacres et esclavage. Au XVIIe siècle,  la Compagnie néerlandaise des Indes orientales contrôle  le trafic de la muscade et du clou de girofle dont la production est confinée dans des territoires restreints, surveillés militairement ; on brûle les excédents pour maintenir les cours.


        « Les relents de poudre ont couvert les effluves des épices, ces épices qui ont redessiné la carte du monde »  souligne la conférencière. Aujourd’hui, elles sont plus abordables même si le kilo de safran se négocie à 40 000 euros…

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

 

Vendredi 22 mai 2015                                                                                                              

 

  Les métamorphoses de Paris du Second Empire à nos jours


par Madame Micheline Marchadier
Professeur agrégée d’Histoire en retraite

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        Vendredi 22 mai, au Rex, pour la dernière conférence de l’année universitaire de l’UTATEL, Micheline Marchadier, agrégée d’histoire, a fait partager sa réflexion sur les Métamorphoses de Paris de 1852 à aujourd’hui, photos, tableaux et textes littéraires à l’appui.


        Ce sont Napoléon III et le baron Haussmann qui font de Paris, un espace homogène n’hésitant pas à raser des quartiers entiers pour aménager de vastes perspectives convergeant vers des monuments emblématiques (Opéra), assainir une ville dont la superficie double : de 12, la capitale passe à 20 arrondissements. 64 kilomètres de voies nouvelles, 585 kms d’égouts, 40 000 immeubles sont construits, 80 000 arbres plantés sans compter ceux des parcs.


        La volonté d’un urbanisme contrôlé par le pouvoir politique se retrouve sous la IIIe République où les Expositions Universelles continuent à modeler la ville qui s’affirme métropole mondiale : Tour Eiffel, Grand et Petit Palais, Trocadéro nous le rappellent. Sous la Ve République, il faut attendre Giscard pour voir reprendre les chantiers présidentiels (Orsay), puis Mitterrand (Pyramide du Louvre, Arche de la Défense, Opéra Bastille) et Chirac (musée Branly).


       Mais  la politique d’Haussmann et de ses successeurs –surtout pendant l’Entre Deux Guerres- est source de problèmes toujours irrésolus : avec l’expulsion de milliers de Parisiens de l’autre côté des « fortifs » devenues périph, les banlieues se développent sans cohérence, sans liaison avec le centre, sans respect de l’environnement. Leurs populations de plus en plus diverses  s’y sentent rejetées.


       Rare capitale préservée pendant la dernière guerre,  Paris est mythique, attirant des millions de touristes mais elle risque de devenir une ville-musée, reléguant pauvres et migrants récents dans des « arrondissements-ghettos ». D’hypothétiques J.O ou une Exposition Universelle pourront-ils  hâter la naissance d’un Grand Paris réconciliant ville-centre et banlieues  et recréer  la mixité sociale?

                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Texte de Marie-Dominique Coulon