COMPTES RENDUS 1er Trim. 2015/2016

 

      *********

           

 

Vendredi 2 octobre 2015  

 

Jean-Henri FABRE (1823-1915) NATURALISTE ET PEDAGOGUE

 

par Jean-Louis Fischer

biologiste, historien des sciences de la vie et de la médecine,

Chargé de recherche 1e classe au CNRS, membre de l'Académie internationale d'Histoire des Sciences

 

phoca_thumb_m_jean_louis_fischer.jpg - 3.24 Ko

  

             Vendredi 2 octobre au REX, anciens et nouveaux adhérents de l’UTATEL ont commémoré le centenaire de la disparition du grand entomologiste Jean-Henri FABRE.  Présenté par Anne-Lan, initiatrice de Récréasciences, l’historien des sciences et chercheur au CNRS, Jean-Louis Fischer a retracé en images le parcours de l’enfant de l’Aveyron qui revendiquait « sa bosse de l’observation ».

              Il  nous a présenté un Fabre à la croisée des chemins scientifiques : dans la lignée des Buffon et Geoffroy Saint-Hilaire, il classifie les espèces mais très vite préfère « l’étude intime de l’animal  dans sa structure et ses facultés » devenant ainsi le précurseur de l’éthologie. Contemporain de Pasteur et de Darwin dont il critique l’idée d’évolution due à la sélection naturelle, il se passionne pour les nécrophores et les hyménoptères mais veut avant tout transmettre son savoir.

              Grâce aux « leçons de choses », ce pédagogue veut apprendre à son élève garçon ou fille –un scandale pour les bien-pensants- « à se servir de ses sens, de son intelligence, de son raisonnement pour le mettre en état d’augmenter lui-même son savoir ». Ses 80 ouvrages pédagogiques et les 10 tomes de ses Souvenirs entomologiques qui se lisent comme un roman en font un des plus grands vulgarisateurs scientifiques. L’univers du naturaliste se borne à sa maison, son jardin-laboratoire et la campagne environnante de l’Harmas  alors que sa renommée devient internationale.

              Aujourd’hui, aux Etats-Unis, au Japon, des universitaires poursuivent ses recherches sur les propriétés anesthésiantes du venin des guêpes, l’éthologie est devenue une science nobélisée et pourtant… avertit J.L Fischer, la parole des naturalistes est de moins en moins entendue dans un monde à la biodiversité de plus en plus menacée.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 16 octobre 2015

 

LA FRANC-MACONNERIE UNIVERSELLE,MYTHE OU REALITE


par Jean-Luc Aubarbier

Ecrivain et historien des religions

 

jean_luc_aubarbier.jpg - 75.19 Ko 

  

            Vendredi 16 octobre, devant une salle du REX  comble, Jean-Luc  Aubarbier a posé le problème de l’universalité de la Franc-Maçonnerie. L’écrivain sarladais, habitué de l’UTATEL, a  retracé l’histoire de la Franc-Maçonnerie. Les bâtisseurs de cathédrales soucieux d’ennoblir leur métier en l’enracinant dans les temps bibliques, ont posé les principes de l’organisation et de l’instruction maçonniques. Les Maçons d’aujourd’hui sont les héritiers des  hommes du XVIIe siècle à la recherche de la fraternité universelle et de la tolérance dans un monde marqué par les guerres de religion et l’absolutisme religieux, et des Lumières du XVIIIe siècle.

            Jacques II Stuart, Washington, Castro, Proudhon, Allende et son bourreau Pinochet : tous maçons, tous différents. Certains croyaient au Ciel, d’autres n’y croyaient pas, certains fondaient la démocratie quand d’autres l’enterraient. D’un pays à l’autre, il n’y a pas une pensée unique, un rapport identique à la religion : « la Franc-Maçonnerie est l’union des contraires » insiste le conférencier mais ce qui fait son universalité est l’expérience intime du maçon, sa recherche individuelle, son désir d’être « le héros de soi-même ».

            Il nous a fait alors ressentir le travail du maçon : l’initiation et ses rites ne sont là que pour «  déconnecter raison et sensations, permettre le renouvellement de soi ». L’écoute, l’art de la parole,   le respect des règles, la confiance en l’autre sont partagés par ceux  qui font des symboles, le langage universel.

            J.L Aubarbier a ensuite répondu aux questions du public sur la place des femmes, les rapports avec l’islam, la mafia, le pouvoir, le nombre de maçons et de loges,  qui montrent que, même si la maçonnerie se dévoile aujourd’hui sur internet, elle fascine toujours autant. 

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 6 novembre 2015

 

 LA RENCONTRE DES FRUITS ET DES HOMMES

 

par Jean-Yves Maisonneuve

Arboriculteur, jardinier, conférencier et écrivain

 

jean_yves_maisonneuve.jpg - 77.94 Ko

 

            A Saint-Jean d’Angely, Jean-Yves Maisonneuve cultive son Jardin de Pomone, au Rex, il fait découvrir au public de l’UTATEL, clichés savoureux et aquarelles délicates à l’appui, la rencontre des fruits et des hommes.

           Si l’homme vécut d’abord de cueillette, il fut vite ingrat envers « ces fleurs qui ont connu l’amour ». Au IIe siècle, Galien médecin dont les écrits font encore autorité au Moyen-Age, accuse les fruits « d’engendrer  la corruption et la putréfaction ». L’Eglise refuse d’attribuer un saint patron aux arboriculteurs, Sainte Pomone est mise aux oubliettes et remplacée par la Toussaint !

            Il faut attendre la Renaissance pour que Paracelse leur attribue des vertus thérapeutiques mais ce sont Louis XIV et son jardinier La Quintinie qui donnent ses lettres de noblesse au potager. Pêches, melons, oranges, figues, fraises s’invitent à la table de Versailles. Au XVIIIe siècle, Sébastien Vaillant professeur au muséum est excommunié pour avoir révélé la sexualité des plantes mais la révolution est amorcée : la fécondation manuelle de la vanille par un jeune esclave est à l’origine du boom économique de la Réunion et de l’île Maurice.

           Les fruits deviennent objets d’étude, d’expérimentation, d’hybridation : grâce à eux, on découvre la génétique, les vitamines.
Plus qu’une réhabilitation, c’est un sacre : leur consommation  est gage de santé et de jeunesse. Cassis, citron, canneberge, kaki  sont célébrés pour leurs antioxydants, 15 000 variétés de pommes sont disponibles, baies de goji, pitayas, noni  qui fructifient 365 jours sur 365,  apparaissent sur nos étals.

           Mais à force de chercher le fruit miraculeux, sans pépin ni graine, résistant aux maladies et à la pourriture, «  l’homme est écartelé entre les fruits industriels et  ceux qui plongent leurs racines dans la terre ». Jean-Yves Maisonneuve, lui, a choisi.


Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 27 novembre 2015

 

 

NEPAL, TERRE DES DIEUX, précédé de VISAGES de l'IRLANDE

 

par Marc Laurens

Ingénieur Arts et Métiers, membre du Bureau et conférencier de l'Utatel

 

temple au npal.jpg - 128.03 Ko 

 

            Vendredi 27 novembre, au Rex, Marc Laurens a ressuscité pour le public de l’UTATEL, les séances de cinéma des années 60 où  documentaire, dessin animé et actualités précédaient le « grand film ».


           En ouverture, son 1er film tourné en 1959 nous révèle les visages d’une Irlande où les sublimes paysages du Connemara et des îles d’Aran ne font pas oublier les meurtrissures des guerres et de la famine, les dures conditions d’existence des ramasseurs de tourbe et des pêcheurs naviguant sur leurs frêles coracles. La Guinness est alors l’exportation principale du port de Dublin. La jeune République à la démographie galopante est encore un pays sous-développé, tributaire de l’Angleterre pour son économie, en particulier pour ses finances…


           Marc Laurens nous présente ensuite une animation de 8mn, fruit de 400h de travail : sa Petite Marchande d’Allumettes tirée d’un conte d’Andersen est pleine de poésie et d’émotion.


          Puis c’est le grand film  sur le Népal  projeté en salle en 1966. A une époque où le Népal n’est  connu que par les expéditions de Herzog ou Hillary, Pathé fut  séduit par le regard humaniste porté sur les populations népalaises et tibétaines pour qui la religion est omniprésente. Marc Laurens nous immerge au cœur des fêtes hindouistes et bouddhistes, des processions, des temples de Kathmandou, Bodnath, des crémations sur les rives de la Bagmati. Il donne à voir le travail des hommes qui ont sculpté la montagne pour la cultiver, des femmes dont le front supporte le poids des fardeaux de bois. Isolée mais accueillante, cette terre des dieux était terre de tolérance.


           Le très nombreux public  a chaleureusement remercié le cinéaste qui, dans sa 18e et dernière ciné-conférence, nous a fait redécouvrir  un monde pas si lointain et surtout partager sa passion pour l’Homme.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

Vendredi 4 décembre 2015

 

 

LES CHEMINS DE SAINT-JACQUES ET LES EXPERIENCES DES PELERINS AU XIIe SIECLE

 

par Tessa GARTON

professeur émérite d'Histoire de l'Art à l'Université de Charleston (Caroline du Sud, Etats-Unis)

 

tessa_garton.jpg - 106.18 Ko

 

          Vendredi  4 décembre, salle comble au Rex pour Tessa Garton  venue récréer les expériences des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle au XIIe siècle. Diplômée en histoire de l’art médiéval du prestigieux Courtauld Institute de Londres, la nouvelle conférencière de l’UTATEL, au terme d’une riche carrière universitaire aux USA et au Royaume-Uni, a posé ses valises à Ligneyrac, par amour de la Corrèze et de l’abbatiale romane de Beaulieu.


           Que reste-t-il du vécu de ces hommes partis de Vézelay, du Puy, Tours ou  Saint Gilles du Gard ? Pas de journaux de bord  mais les sanctuaires  où ils vénérèrent  « les corps saints » et un Guide du Pèlerin- recueil de sermons, récits de miracles, textes littéraires, pièces musicales , description des sites à visiter et des coutumes locales- œuvre du clerc poitevin Aymeric Picaud, qu’ils n’avaient pas lu mais connaissaient  par leurs prêtres ou le bouche-à-oreille.


          Quelles expériences ? Angoisse du voyage : comment franchir les fleuves, échapper à la rapacité des bateliers ? Comment résister aux Navarrais, « peuple barbare, plein de méchanceté » qui « pour un sou seulement(…) tue, s’il le peut, un Français » ?


          Réconfort des hôtelleries monastiques comme à Roncevaux. Emerveillement devant les basiliques qui jalonnent les itinéraires : Conques, Cahors, Saint Léonard de Noblat, Saint-Sernin de Toulouse avec leurs hautes voûtes, leurs déambulatoires, leurs chapelles, leurs reliques éblouissent ceux qui, instruits par les images  des tympans, entrent dans l’espace sacré.


           Expérience mystique et euphorique de ceux qui savent leurs péchés remis, leur guérison assurée  quand ils parviennent au tombeau de l’apôtre enveloppé de lumière, de musique et d’encens. Ils peuvent dès lors arborer la coquille, témoin de cette extraordinaire expérience.


             Peu importe alors  le trafic des reliques, les querelles des marchands  de souvenirs …

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 18 décembre 2015

 

CONCERT Salle Francis Poulenc

 MARIA MIRANTE, mezzo-soprano et PAUL BEYNET, pianiste

 

 maria_mirante_paul_beynet_3.jpg - 82.25 Ko

 

           Pour son traditionnel concert de fin d’année donné Salle Francis Poulenc, l’UTATEL a fait découvrir à une salle comble, deux jeunes et talentueux interprètes amoureux de l’art lyrique.

            Le pianiste Paul Beynet connaît bien Brive puisqu’il y est né et a suivi les cours de Laurent Bourreau et Charles Balayer avant de poursuivre sa formation à Paris : il interprète trois mouvements de la Sonate en La majeur de Mozart (dont la célèbre Marche Turque) avant d’accompagner celle qui est sa partenaire sur scène mais aussi dans la vie, la mezzo-soprano Maria Mirante.

            Opulente chevelure brune, silhouette élancée gainée dans un fourreau écarlate, elle est  Carmen   avant de se muer en  une Rosine pleine de rouerie. Difficile de ne pas se laisser emporter par son timbre chaud et fruité, ses vocalises qui semblent  si faciles et naturelles, sa beauté, son  expressivité et son aisance à passer de la séduction  féminine  au désespoir de l’Orphée de Gluck ou  du  Sextus  objet de La Clémence de Titus de Mozart.

           Le public a apprécié la qualité de ce beau- mais trop court- moment musical mais aussi  la simplicité et la rayonnante complicité de Maria et Paul dont il suivra assurément la prometteuse carrière.

 

Texte de Marie-Dominique COULON