COMPTES RENDUS 2ème Trim. 2015/2016

 

 

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Vendredi 8 janvier 2016

 

A LA DÉCOUVERTE DE LA PATAGONIE

 
CINÉ-CONFÉRENCE de Roger Séguy,  professeur retraité

 

 Patagonie 

 

                 Pour la 1e conférence UTATEL de 2016, Roger Séguy a entraîné le très nombreux public du Rex à la découverte de la Patagonie. Deux fois plus grand que la France, partagé entre le Chili à l’ouest et l’Argentine à l’est, ce territoire immense  offre une grande diversité de paysages, dominés par les sommets de la Cordillère des Andes.


                1ère étape  d’un périple de 13 000km, Ushuaïa: le pénitencier-musée rappelle que les premiers colons furent des bagnards, les populations autochtones ayant été décimées dès l’expédition de Magellan.  Difficile de peupler  cette grande île de la Terre de Feu, au climat subantarctique où s’ébattent bernaches, sternes, cormorans, lions de mer dont les petits bêlent comme des agneaux.


                Il faut avaler ensuite des centaines de kms de pistes interminables au travers d’immenses steppes monotones – c’est le domaine  des estancias aux milliers d’hectares, des troupeaux ovins et bovins gigantesques et de leurs gauchos- , affronter les éboulis, malgré les vents, la brume, les bourrasques de neige soudaines avant de  contempler les splendeurs du parc naturel chilien des Torres del Paine et  de son voisin argentin des Glaciers survolées par les condors, les flamants roses et les ibis à face noire : icebergs bleutés ,  « piscine » indigo nichée dans le massif du Fitz Roy, cascades et lacs miroirs. La mythique RN 40 qui longe la Cordillère conduit aux espaces lunaires de la forêt pétrifiée de Sarmiento.

                L’homme est rare mais  les  nandous prolifiques, les guanacos, renards,  lièvres aux hautes pattes, escortent nos voyageurs pour qui  la péninsule Valdès et sa baie, paradis des manchots, des lions de mer et des baleines  sont le terme  d’un voyage dans des paysages encore originels.

 

 Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

 

Vendredi 22 janvier 2016

 

LA REVOLUTION FRANCAISE: UNE CRISE DE SYSTEME?

 

par Danièle Bernardin-Carsenat, agrégée d'histoire -géographie

 

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                 C’est le souvenir de Lucile Desmoulins, innocente victime de la loi de Prairial 1794 (n’importe qui peut être un « ennemi du peuple ») et des malheureux volés, violés, noyés par Carrier à Nantes, qui a incité Danièle Bernardin-Carsenat, agrégée d’histoire et géographie,  à proposer au public de l’UTATEL toujours aussi nombreux au Rex, une relecture provocatrice de la Révolution Française.


                Balayant les images d’Epinal d’un peuple accablé d’impôts par une noblesse et un clergé pléthoriques, elle brosse le tableau d’une France riche de 28 millions d’habitants où 40 %  des paysans sont propriétaires, où l’ascenseur social fonctionne, où la bourgeoisie tient les rênes du pouvoir économique, où le roi Louis XVI n’est pas un despote rétrograde. Alors pourquoi ce mécontentement général et l’explosion révolutionnaire ?


                 D’abord crise d’un système, l’Ancien Régime, vieux de 8 siècles, incapable de faire des réformes de structure dans le domaine fiscal et administratif  de plus en plus incohérent. Ensuite, incapacité du pouvoir à résoudre le problème de la dette.
                 

               Enfin, conséquence de la transition démographique (la mortalité baisse, la natalité se maintient), présence d’une jeunesse nombreuse et talentueuse qui étouffe dans un système obsolète et est prête à tuer ou se sacrifier pour que les biens et les pouvoirs changent de mains. Saint-Just a 20 ans, Bonaparte aussi.


               Pour eux, la guerre civile ou étrangère, la Terreur sont nécessaires pour rajeunir le système : en deux mois, la monarchie absolue, la société d’ordres, l’organisation territoriale et fiscale sont liquidées; vient le temps du désordre et de l’horreur avant la mise en place d’un nouveau système cohérent: la République qui devient un régime stable en 1875.
               

                Jeunesse impatiente à l’avenir précaire, société bloquée, terrorisme, transition démographique et migrations, c’est bien d’aujourd’hui que nous parle Danièle Bernardin-Carsenat.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

Vendredi 5 février 2016

 

 

LES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES ET LEUR PRÉVENTION

 

par le Docteur Philippe Honoré, néphrologue, expert auprès les tribunaux, membre du Bureau de l'UTATEL

 

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                Médecin néphrologue bien connu à Brive où il a exercé 35 ans, Philippe Honoré, passionné par l’Education à la Santé, a sensibilisé les adhérents de l’UTATEL aux risques des maladies cardio-vasculaires et à leur prévention.


                Du sphygmomanomètre au tensiomètre connecté, les progrès de la prise de la tension artérielle permettent de déceler les risques cardio-vasculaires. Aujourd’hui, on peut anticiper un AVC par un examen ophtalmique.  Les facteurs de risque sont aussi bien connus : excès de consommation de sel redoutable exhausteur de goût (6g par jour suffisent alors que nous en consommons le double voire le triple), cholestérol, tabac,  stress, obésité, sédentarité. Souvent, c’est l’engrenage : le stress génère des conduites addictives exploitées par les industriels de l’agro-alimentaire (graisses et sels cachés)  ou du tabac (sélection des plants les plus addictogènes).


              Avec simplicité, humour,  le docteur Honoré explique l’athérosclérose, images-chocs à l’appui : cœur démesuré, cerveau, rein nécrosés, aorte en partie obturée  (grossie, elle semble une caverne dont les stalagmites sont les baladeuses plaques d’athérome), rupture d’anévrisme.


            Alors quelle prévention ?  D’abord contrôler les facteurs de risque : restreindre sa consommation de sel, de graisse, arrêter le tabac, bouger. Nous pouvons être nos premiers médecins mais souligne Philippe Honoré, il ne faut pas hésiter à se faire aider par des spécialistes si notre volonté est défaillante.


              Au terme de son exposé, le conférencier  a longuement répondu  aux très nombreuses questions d’un public concerné et documenté : le rôle des médicaments (statines et bêta-bloquants), la mode des régimes, l’impact de l’environnement, le charlatanisme de certains remèdes sur internet ont été abordés sans langue de bois par Philippe Honoré pour qui « tout malade est un bien portant qui s’ignore ».

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 

 

Vendredi 5 février 2016

 

 

L'OEIL et l'ALIMENTATION

 

par le Docteur Jean-Pierre Werner, ophtalmologue à Saint-Yrieix

 

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              Vendredi  4 mars, les adhérents de l’UTATEL  étaient venus nombreux au REX  pour découvrir  les rapports entre l’œil et l’alimentation.
             

              Pour le docteur Jean-Pierre Werner, ophtalmologiste  à Saint-Yrieix qui exerce toujours au CHU de Limoges, l’œil est notre principal outil de communication. Aussi est-il nécessaire d’acquérir dès l’enfance, une hygiène de vie qui réduise les risques de pathologie. La DMLA, dégénérescence maculaire due à l’âge, est l’une des plus fréquentes et invalidantes. Aujourd’hui, 1,5 million de Français et de Françaises - les femmes sont les plus atteintes -  ont perdu leur champ visuel central,  ne peuvent plus lire, regarder la télévision, conduire.  Leur nombre risque de tripler dans les 25 prochaines années.


             Après 50 ans, la déformation des lignes droites, la perception d’une tache sombre doit conduire à consulter.
             

             Diabète, hypertension, alcool, tabac, opérations de la cataracte sont des facteurs de risque mais, nous alerte le Docteur Werner, « attention  à l’environnement » : gare à l’exposition dès le plus jeune âge aux UV sans lunettes sur la plage, aux écrans de plus en plus nombreux, aux nouvelles formes d’éclairage led et halogènes.
 

            Certes, des traitements existent, encore imparfaits, mais  avoir une alimentation saine et équilibrée peut prévenir cette évolution, retarder cette oxydation due à la prolifération des radicaux libres : privilégier les aliments riches en oméga-3, en zinc,  les fruits et légumes, transformer son assiette en palette de couleurs sont un gage de bonne santé. Pas toujours facile avec  les méfaits de l’agriculture intensive,  la présence de métaux lourds dans les océans … et leurs hôtes : alors, il ne faut pas hésiter à supplémenter son alimentation en vitamines et oligo-éléments.
 

             A l’issue de la conférence, le public  lui n’a pas hésité à solliciter l’avis du spécialiste….pas si fréquent d’avoir un ophtalmologiste aussi disponible.

 

Texte de Marie-Dominique Coulon

Vendredi 18 mars 2016

 

 

NAPOLEON ET L'EUROPE CENTRALE

 

par  Alain Soubigou maître de conférences en histoire de l'Europe centrale contemporaine à la Sorbonne

 

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           « Passionnant », « cela fait aimer l’Histoire », tels étaient les commentaires des adhérents de l’UTATEL au terme de la dense mais limpide conférence d’Alain Soubigou sur Napoléon et l’Europe Centrale. Pour sa 3e prestation au Rex, le maître de conférences à la Sorbonne  a brillamment analysé  le souvenir laissé par «  l’Empereur de la République Française » accueilli en libérateur, porteur des idéaux révolutionnaires, aux populations d’Europe Centrale opprimées par les autocrates russe et autrichien.


          Pour les Tchèques, témoins admiratifs du génie militaire de Napoléon,  Austerlitz signe la débandade du Habsbourg bientôt contraint de donner sa fille à « l’ogre corse », la fin du Saint-Empire Romain Germanique et la fierté d’une identité retrouvée : celle du royaume de Bohême illustré par Charles IV.


          Les élites polonaises –et parmi elles, la belle Marie Waleska qui en donnant un fils à Napoléon, lui prouva qu’il n’était point stérile et changea le cours de l’Histoire- garderont un souvenir radieux de la « parenthèse » napoléonienne : dépecé au XVIIIe siècle, l’Etat polonais renaît avec le Grand- Duché de Varsovie où  la Constitution garantit les libertés.


           C’est en Slovénie- à l’époque département  des Provinces Illyriennes- que le souvenir est le plus vif. En 4 ans, le maréchal Marmont réussit, tout en respectant l’identité et la langue slovènes à enraciner la culture française dans les élites et les classes moyennes : celles-ci courent les bals du gouverneur, adoptent le style Empire, s’enrichissent grâce à l’essor du commerce.


           Aujourd’hui, les Slovènes souvent francophones entretiennent pieusement le « tilleul de Marmont », empruntent ponts et rues Napoléon !


         La défaite de Leipzig en 1813 marque la fin du Grand Empire et le retour à l’ordre ancien mais, chez les peuples de nouveau asservis, couve le sentiment national.

 

 Texte de Marie-Dominique Coulon