COMPTES RENDUS 1er TRIMESTRE 2016/2017

 

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Vendredi 7 octobre 2016

 

L'OUEST AMÉRICAIN : Ciné-Conférence

Par Madame Nelly Charpentier, retraitée de l'éducation nationale

 

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                         Vendredi 7 octobre, au REX, l’UTATEL a démarré sa nouvelle année universitaire sous le signe du cinéma.  Nelly Charpentier, grande voyageuse pour la 1efois invitée par l’association, nous a entrainés dans la démesure  des grands espaces dominés par des mégapoles surprenantes, de l’Ouest américain.

                          1ère étape d’un périple de 4500km qui traverse 5 Etats, Los  Angeles. Le cinéma est partout : Walt Disney concert hall de Frank Gehry, Walk of Fame  et ses étoiles,  Hollywood ; le parc d’attraction des studios Universal  nous plonge dans Waterworld, nous fait frôler vélociraptors jurassiques et grands requins blancs.

                         Cinéma mythique toujours : un petit tour sur la route 66, une escale au Bagdad café, un signe au vétéran unijambiste qui rejoue Easy Rider. Nous sommes prêts à nous lancer après John Ford  au cœur du Far West. Les paysages défilent, sublimes : le Grand Canyon, ses 1500m de profondeur  et ses couleurs changeantes, le lac Powell, l’Antelope canyon. L’érosion  a sculpté des pics, des arches, des buttes, dégagé les mesas où jadis se sont développées des civilisations indiennes troglodytiques.

                       A la sortie d’un tunnel, c’est l’enchantement de l’amphithéâtre de Bryce Canyon. Soudain, des cascades, des jets d’eau, Venise, New York, Paris : après les étendues minérales, les déserts authentiques, le luxe, les faux semblants, le gaspillage : bienvenue à Las Vegas  qui assure l’essentiel des revenus du Nevada mais pompe la moitié de ses ressources en eau. En s’éloignant des machines à sous,  cap à l’ouest pour San Francisco : les collines, les cable cars, le Golden Gate sont au rendez-vous mais pas Clint Eastwood qui s’est évadé d’Alcatraz depuis longtemps.

 
                       Qualité des images, pertinence et rythme du montage, bande-son, Nelly Charpentier nous a fait son cinéma et nous avons partagé son rêve américain.

 

Texte de Marie-Dominique COULON

 

 Vendredi 21 octobre 2016

 

LA TAPISSERIE DE L'APOCALYPSE

Par Monsieur Georges Bourdeau , retraité de l'enseignement, ancien vice-président de l'Office de Tourisme de Beaulieu

 

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                         Vendredi 21 octobre, au Rex, le public toujours aussi nombreux de l’UTATEL a découvert grâce à l’érudition de Georges Bourdeau et aux photos de Jean-Louis Amiard, la Tapisserie de l’Apocalypse d’Angers : réalisée  en 7 ans dans deux ateliers parisiens à  partir de 1370, cette tapisserie est une œuvre exceptionnelle, unique au monde par ses dimensions : 140m de long sur 6m de haut. Œuvre exceptionnelle aussi par la qualité (l’avers et le revers sont aussi lisibles l’un que l’autre)  de la composition, des personnages, des architectures, des couleurs, jaune de gaude, rouge garance, bleu pastel.


                          Œuvre exceptionnelle surtout car commandée par Louis d’Anjou, chef des armées de son frère Charles V le Sage, elle se veut une arme politique : le thème de l’Apocalypse de Jean -la victoire du Bien sur le Mal, de la religion sur l’idolâtrie, (la grande prostituée qui regarde son miroir et préfigure la Dame à la Licorne)- est destiné à consoler et à redonner courage à une France saignée par la Grande Peste, vaincue au traité de Brétigny  de 1360  et amputée de la moitié de son territoire par les Anglais. Le pouvoir capétien proclamé seul héritier de Charlemagne s’incarne dans le Christ drapé dans le « bleu de France ». Louis d’Anjou et ses frères sont représentés sous les traits des  vieillards de l’Apocalypse, symboles de plénitude, porteurs de couronnes fleurdelisées. Face à lui, les cavaliers maléfiques et les Bêtes monstrueuses affichent les traits d’Edouard III d’Angleterre, du Prince Noir ou du Léopard britannique.


                         Une œuvre où Jean de Bruges, le cartonnier, a su magnifiquement traduire les visions de l’ermite de Patmos que Georges Bourdeau a décryptées pour nous mais une œuvre fragile dont l’exposition permanente risque d’être remise en question.


Texte de Marie-Dominique COULON

 

 Vendredi 4 novembre 2016

 

LES MONDES EXTRATERRESTRES ET LA NOUVELLE MUSIQUE DES SPHERES

par Madame Sylvie Vauclair, astrophysicienne à l'Institut de Recherches en Astrophysique et Planétologie, Professeur Emérite à l'Université Paul Sabatier de Toulouse

 

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                      Vendredi 4 novembre, l’UTATEL accueillait au Rex Sylvie VAUCLAIR, astrophysicienne, professeur émérite à l’université Paul Sabatier de Toulouse, auteure de nombreuses publications et musicienne accomplie. C’est  une réflexion sur la place de l’être humain dans un Univers toujours en expansion  qu’a suscitée l’astrophysicienne.  Une réflexion initiée par les philosophes grecs, 4 siècles avant notre ère. Leur vision d’une Terre immobile au centre du monde fit autorité jusqu’à la révolution copernicienne.


                     L’Occident chrétien avait oublié Aristarque de Samos qui, observant la luminosité de Vénus, avait pressenti que la Terre tournait autour d’un feu central. Il ne s’intéressait pas aux découvertes chinoises et arabes qui, au XIVe siècle, avaient minutieusement décrit  l’explosion d’une étoile à l’origine de la Nébuleuse du Crabe visible aujourd’hui. Il faudra que l’homme se mette à voler puis marche sur la Lune pour voir enfin la Terre de l’espace, le système solaire, observer le ciel sans le filtre de l’atmosphère terrestre. Viendront ensuite la découverte des exoplanètes, l’envoi de robots sur Mars.

                   Les somptueuses images des télescopes Hubble et Kepler  défilent sur l’écran et nous invitent, comme le dit joliment Sylvie Auclair, au « bal des galaxies » : 100 milliards d’étoiles et autant de planètes toujours en mouvement : dans 4 milliards d’années, Andromède  percutera la Voie Lactée. Un bal où vibre la nouvelle musique des sphères : les étoiles se comportent comme des timbales d’orchestre  dont les astrophysiciens  mesurent la résonance interne sonore : le Soleil résonne en fa dièse… .Sur l’écran, avec le compositeur CS Levine, grâce à des  instruments de pointe, Sylvie Vauclair nous offre  une nouvelle partition pour un 2016 Odyssée de l’espace. Sommes-nous les seuls  à pouvoir la concevoir dans l’univers ? s’interroge-t-elle, nous interroge-t-elle ?

                          

Texte de Marie-Dominique COULON

 

  Vendredi 4 novembre 2016

 

AUTOUR DE L’ART PRÉHISTORIQUE EN QUERCY 


par Monsieur Michel Lorblanchet, Docteur en Préhistoire, Directeur de recherche au CNRS retraité

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                         Michel Lorblanchet a consacré toute sa vie aux artistes de la Préhistoire. Vendredi 25 novembre au Rex, en deux films, il  a entraîné le public de l’UTATEL, aux origines de l’art, dans « le ventre de la terre » quercynoise. Avec «  Les artistes aux temps glaciaires » de Jean-Pierre Baux, nous découvrons  les chevaux, mammouths, megaceros, bisons, bouquetins, lions qui peuplent les  salles majestueuses et les boyaux exigus des 30 grottes ornées (3 seulement  ouvertes au public) du Quercy. En durée cumulée, 3 ans ont été nécessaires au préhistorien pour relever tous les tracés, analyser la technique, identifier les pigments, expérimenter la peinture au soufflet ou au doigt. Démêlant l’écheveau des traits, des signes, il révèle le dialogue entre l’artiste paléolithique et les esprits retenus dans la paroi qu’il fait émerger par ses dessins.

                         Ces sanctuaires ne révèlent pas qu’un bestiaire mais  aussi des figures anthropomorphes, parfois lardées de sagaies, des   créatures composites, peut-être références au chaos originel, des silhouettes ou attributs  féminins  symboles de vie. Les concrétions cassées, les cheminements, les mains négatives (souvent féminines) attestent que ces lieux furent des  lieux initiatiques. 

                         Les Fieux, Marcenac, Roucadour, Pech Merle et sa frise noire peinte en moins de deux heures par un artiste unique, autant de merveilles de l’art pariétal mais c’est  à Cougnac  que Michel Lorblanchet et Pierre Soulages ont dialogué devant la caméra  de Luc Beuvret. Le peintre du noir et de la lumière a toujours été fasciné par ces artistes qui peignaient en noir dans le noir, il y a 300 siècles.  A l’issue du film « Moments d’origine », le préhistorien sollicité par le public a révélé la présence de deux grottes ornées dans le bassin de Brive, celle de Puy-Jarrige devant faire bientôt l’objet d’une publication. 

 
Texte de Marie-Dominique COULON

 

  Vendredi 16 décembre 2016


LA TROMPETTE ET AUTRES INSTRUMENTS À VENT


Conférence-concert


par Monsieur Frédéric Racine accompagné par Monsieur Emmanuel Roy, professeur au Conservatoire de musique de Brive.

 

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                          Auditorium Francis Poulenc comble, vendredi 16 décembre pour le traditionnel  concert de fin d’année de l’UTATEL : Emmanuel Roy, pianiste, et Frédéric Racine, trompettiste, tous deux professeurs au Conservatoire de Brive, ont dialogué brillamment dans les concerti de Haydn, Haendel, Arutiunian. Emmanuel Roy a interprété sur un Steinway impeccablement restauré Impromptu de Schubert et Etude de Chopin. Frédéric Racine  a révélé au public, les différences entre une longue trompette baroque héritière des premiers instruments de ce nom, présents déjà dans l’Egypte ancienne, la  trompette classique, le saxhorn ou la trompette piccolo.

                           Il n’a pas hésité à  faire une démonstration de démontage/remontage du piston, invention-clé du XIXe siècle qui  enrichit de notes nouvelles l’instrument. Il s’amuse à en varier le timbre  grâce à  différentes sourdines, parfois improbables : eh oui, on peut jouer de la trompette bouchée avec une bouteille d’Orangina ou une ventouse délivrée de tâches moins reluisantes ! Virtuosité, pédagogie, humour, éclectisme ont emballé le public récompensé par un « We wish you a merry Christmas » de circonstance.

Texte de Marie-Dominique COULON